PAROLES DE SOIGNANT : Mélissa Daccord, infirmière

Missions, quotidien, impact sur la vie personnelle… Retrouvez l’interview de Mélissa DACCORD, infirmière en cardiologie pédiatrique à l’hôpital Haut-Lévêque du CHU de Bordeaux depuis 2009…

Mélissa, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Mélissa : je suis infirmière en cardiologie pédiatrique à l’hôpital Haut-Lévêque depuis 2009 et je m’occupe tout particulièrement de la filière des greffés cardiaques, et plus spécialement des enfants.

Quel est ton rôle au sein du service ?

Mélissa : Je vais gérer tout ce qui touche au suivi des enfants greffés du coeur et notamment les consultations qui vont avoir lieu tout au long de leur vie. Je suis également en charge de ce qu’on appelle l’Education Thérapeutique du Patient (ETP) et notamment du développement des ateliers mis en place au sein du service.

Quelle est la vie, le quotidien d’une personne greffée du coeur ?
Mélissa : Elle est bien entendu très différente de celle d’une personne non greffée. Bien qu’on essaie au maximum de lui simplifier le quotidien, de la rendre plus accessible, plus facile. L’enfant greffé va devoir vivre avec beaucoup de contraintes notamment liées aux risques infectieux puisqu’il prend des traitements qui diminuent son immunité. Il a donc peu de possibilités de se défendre dés qu’il est infecté. On va donc tout faire pour prévenir ou du moins limiter ces risques infectieux. Ce qui passe par un certain nombre de règles à respecter en termes d’hygiène, de santé, d’alimentation. La personne greffée va également devoir suivre un traitement médicamenteux très strict. Mais ce qu’il faut savoir c’est qu’avant d’être greffés, ces patients vivaient déjà avec énormément de contraintes. Ils étaient très vite essoufflés, ne pouvaient pas du tout pratiquer une activité sportive, etc. Bref, ils étaient loin d’avoir ce qu’on appelle une vie normale. Au bout d’un certain temps, la vie après la greffe leur semble quand même beaucoup plus agréable. C’est d’ailleurs souvent une nouvelle vie qui démarre pour eux.

Peux-tu nous raconter comment se passe une journée au sein du service pour toi ?
Mélissa : Moi je suis à 60%, je viens donc 3 jours par semaine dans le service. Le vendredi, je fais mes consultations. Les deux autres jours, je fais des restitutions de bilans, j’adapte les posologies, je prends mes rendez-vous. Je consacre le reste de mon temps au programme d’éducation thérapeutique « Au coeur de notre avenir » du Service de Cardiopathies Congénitales du foetus, de l’enfant et de l’adulte du CHU de Bordeaux. Labellisé par l’ARS, ce programme s’adresse aux patients atteints de toutes formes de maladies cardiaques congénitales et cherche à répondre également à des situations cliniques particulières telles que l’insuffisance cardiaque chronique, les troubles du rythme cardiaque malins, le traitement par anticoagulant, les syncopes sévères ou encore les enfants greffés cardiaques. Je participe, avec les équipes, à la construction du programme, travaille sur le contenu des ateliers et leur mise en place, etc. Une mission passionnante mais qui demande beaucoup de temps.

N’est-ce pas « difficile » de travailler au sein de ce service ?
Mélissa : Je pense qu’il faut de tout pour faire un monde ! Moi c’est quelque chose qui me plaît beaucoup, j’ai vraiment l’impression de pouvoir aider les gens, d’être utile, d’apporter concrètement mon aide aux enfants, aux parents. Je pense que je serais une moins bonne infirmière dans un autre service. Je m’y sens bien.

As-tu un moyen pour dissocier ta vie personnelle de ta vie professionnelle ?
Mélissa : C’est pas toujours évident, je pense qu’on a toutes, en tant qu’infirmières, vécu un moment où on a fait un « transfert » avec notre vie personnelle. Ca arrive et c’est normal. Après je n’ai pas de truc particulier pour me protéger. C’est au feeling, j’essaie de mettre de la distance, le plus possible, pour que ce que je vis dans mon métier n’ait pas un impact sur ma vie personnelle. Mais on reste humain. Et ça a arrive, qu’une fois de temps en temps, la barrière cède et qu’on ait un coup de coeur un peu plus important pour un enfant ou qu’une situation nous touche encore un peu plus que les autres.

Quelles relations as-tu avec les LIENS DU COEUR et comment travailles-tu avec l’association ?
Mélissa : Je travaille notamment avec les équipes des LIENS DU COEUR sur le programme d’Education Thérapeutique du Patient pour lequel l’association est très engagée. Elle nous aide à créer et déployer les outils utilisés lors des ateliers. On s’appuie également sur elle pour communiquer auprès des patients et du grand public sur ce programme d’ETP et le faire connaître au plus grand nombre.

Pour conclure, aurais-tu un message à faire passer pour sensibiliser le grand public à l’importance du don d’organe et des greffes ?
Mélissa : il faut se dire que quand on est donneur d’organes, on sauve plusieurs personnes. Alors, certes, le décès d’une personne est toujours un moment très triste, très difficile à vivre. Mais un décès peut aussi contribuer à sauver plusieurs vies. Alors, il ne faut pas hésiter à donner ses organes car on en a vraiment besoin ici… Alors que la personne décédée n’en aura plus besoin.
Ndlr : sachez qu’en France, la loi indique que nous sommes tous donneurs d’organes et de tissus, sauf si nous avons exprimé de notre vivant notre refus de donner (soit en informant ses proches, soit en s’inscrivant sur le registre national des refus).

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